samedi, octobre 20, 2018

Les états généraux sectoriels de la nation, envisagés par le président Jovenel Moïse sont vus comme un échec prévisible.

La mise en œuvre des états généraux sectoriels de la nation semble, de plus en plus, compliquée.

Depuis la mise en place du comité de pilotage des états généraux sectoriels, le 28 mars 2018, certains secteurs de la vie nationale ne cessent de décrier l’initiative.

Certains d’entre eux ont exprimé leurs vives inquiétudes face à cette entreprise apparemment controversée du pouvoir en place visant à prôner un dialogue national.

Tout en reconnaissant l’importance de ce processus de dialogue, certains partis d’opposition voient les états généraux sectoriels comme une manœuvre pour occulter des débats sur des problèmes fondamentaux auxquels fait face le pays.

Un dialogue national consistant à trouver des solutions aux problèmes du pays devrait normalement requérir la participation de tous les secteurs.

Le comité de pilotage et d’organisation de ces états généraux a été installé, le 28 mars 2018, sans consultations sérieuses avec des forces vives du pays, ont déploré plusieurs organisations.

Ce comité a pour objectif de produire « un pacte pour la stabilité et le progrès économique et social » à soumettre d’ici six mois à l’exécutif.

Le contexte actuel est marqué par une situation socio-économique difficile sans compter les dossiers de corruption qui trainent au niveau de la justice.

Jovenel Moïse s’est ouvertement opposé à des poursuites judiciaires contre les personnes, dont des proches, qui seraient impliquées dans la dilapidation des fonds PetroCaribe.

L’épineuse question de la lutte contre la corruption et la réalisation du procès PetroCaribe ne sont nullement inscrites à l’agenda du dialogue national lancé par le chef de l’Etat, selon le « secteur démocratique et populaire », une branche de l’opposition.

Celle-ci opte, à l’inverse des états généraux, pour une conférence nationale souveraine qui serait capable de jeter les bases constitutionnelles d’un nouvel État non partisan.

Cette conférence nationale était prônée, depuis longtemps, par le défunt militant politique Turneb Delpé.

Démissions en cascade

Trois jours après l’intronisation de ce comité, l’historien et analyste politique Claude Moïse s’est dit étonné de voir son nom affiché en tant que membre de ce comité, sans avoir été consulté, dans une lettre ouverte au président dudit comité, Louis Kébreau.

L’ancien premier ministre, Jacques Edouard Alexis, a indiqué qu’il ne siégerait pas aux côtés de l’ancien sénateur de l’Organisation des peuples en lutte (Opl) Yrvelt Chéry.

Ce dernier l’aurait accusé d’être l’un des responsables de l’extinction des cochons créoles ainsi que de l’assassinat, le 28 mai 1999, de 11 jeunes.

L’ancienne première ministre, Michel Duvivier Pierre Louis dont le nom figure dans la liste des membres du comité de pilotage, n’a pris part à aucune rencontre du comité.

 

Monseigneur Louis Kébreau a annoncé sa démission, estimant que le temps alloué pour la réalisation des états généraux sectoriels est très court.

Il a aussi évoqué ses engagements pastoraux et ses fréquents déplacements qui l’empêcheront de répondre à ses obligations en tant que président.

Après cette démission, suffirait-il de nommer un autre président du comité de pilotage des états généraux pour faire avancer le processus ?

Source Alterpresse

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