mardi, juillet 17, 2018

Anti-Trump : Il nous faudra une meilleure strategie

 

Lorsque, en octobre dernier, le Washington Post reporta que le président américain, Donald Trump, avait traité les immigrants haïtiens de sidéens, notre mémoire collective, —généralement dysfonctionnelle sans de telles piqûres de rappel— nous renvoya au début des années 1980 où des accusations similaires avaient stigmatisé la colonie haïtienne alors en gestation aux États- Unis. Nous avions tout de suite pensé à nous précipiter aux barricades, puisque cette stratégie avait marché en face de la FDA. Lorsque, au cours de ce mois, le New York Times reporta que M. Trump avait récidivé en traitant Haïti de fosse d’aisance, notre décision était prise de montrer à M. Tump de quel bois nous nous chauffions en investissant le macadam. Et lundi 15 janvier dernier, alors que des milliers d’entre-nous occupaient l’aire de Time Square, des centaines d’autres colportaient nos frustrations aux portes de M. Trump, en face de sa villa de Mar-a-Largo, dans le comté de Palm Beach, en Floride.

 

Et le message est bien arrivé à l’oreille de M. Trump, puisque son cortège a traversé la foule qui rivalisait de décibels avec une poignée de contre-manifestants qui étaient venus supporter leur président. Quelle fut la réaction de M. Trump ? Elle ne s’est pas fait attendre : trois jours après les manifestations, l’administration a rayé Haïti de la liste des pays participant au programme de travailleurs invités qui permet à des étrangers de bénéficier de visas leur permettant de travailler dans l’agriculture aux États-Unis. Ce n’est pas la réaction que nous attendions de l’administration. Parce que nous avions oublié à qui nous avions affaire.

 

Que s’est-il passé ? Dans l’élan légitime qui nous a poussés à donner une réponse rapide à M. Trump, nous avions oublié qu’il était un président atypique, et qu’en recourant à des méthodes de lutte régulières contre lui, nous risquons de faire son jeu.

 

Un président atypique

 

Donald Trump n’est pas un politicien typique. Il est conscient que sa force réside dans le fait qu’il a embrassé la cause de l’extrême droite anti-immigration. Donc, ses décisions visent d’abord à tenir ses promesses envers cette base. Si la majorité des présidents tendent à gouverner au centre après avoir ratissé à gauche ou à droite au cours de la campagne, ce n’est pas le cas de M. Trump. Il sait que sa présidence est un accident de parcours, et que sa réédition n’est possible que s’il arrive à remobiliser la même frange de l’électorat qui l’avait élu, au lieu d’essayer d’élargir sa base. Donc, en adoptant des décisions anti-immigration comme la fin du statut temporaire pour plusieurs pays d’Afrique et de l’Amérique latine, dont Haïti, en rayant Haïti du programme de travailleurs invités, il est en train de prouver à sa base qu’il ne prétendait pas seulement épouser leur cause pour se faire élire, mais qu’il est vraiment celui qu’il prétendait être au cours de la campagne. Parce que pour Donald Trump, la campagne pour la réélection a déjà commencé.

 

En fait, dans l’article du New York Times où M. Trump aurait qualifié tous les récents migrants haïtiens de sidéens, le journal a fait mention du fait que M. Trump était arrivé à la réunion en question muni d’un document détaillant par pays le nombre de gens à qui les consulats américains avaient octroyé des visas de visiteurs, en déplorant aux participants à la réunion qu’en émettant un nombre aussi élevé de visas, ils étaient en train de le faire passer pour un con, puisqu’il avait promis de résorber l’immigration en général. Donc, l’une des préoccupations principales de M. Trump est de ne pas perdre la face auprès de l’extrême droite, d’autant qu’au cours de la campagne, certains faisaient circuler le bruit qu’il était prêt à tout dire pour être élu, et qu’en réalité il n’était républicain que par opportunisme.

 

Un tempérament belliqueux

 

L’une des caractéristiques principales de la personnalité de M. Trump, c’est son tempérament belliqueux. Il ne concède jamais le dernier mot à son interlocuteur. Au cours de la campagne, il est allé jusqu’à risquer la présidence pour rassurer l’auditoire de l’un des débats présidentiels que la référence faite par son concurrent Marco Rubio à ses “petits doigts” pour insinuer qu’il serait en manque dans le département de la virilité n’avait rien de fondé. Et, avait-il renchéri : “je vous prie de me croire, il n’y a aucun problème à ce niveau-là.” Les médias avaient crié au scandale, parce que c’était la première fois dans l’histoire des débats présidentiels généralement dominés par des discussions de substance, que la virilité d’un candidat avait été discutée. Avec le temps, on a compris que M. Trump n’allait laisser passer aucune opportunité d’avoir le dernier mot, dans les grandes comme dans les petites batailles. Ceux qui le suivent sur Twitter en savent quelque chose.

 

Tout cela pour dire que la décision de l’administration américaine de rayer Haïti du programme des travailleurs invités semble arriver comme des représailles à la vague de manifestations anti-Trump organisées par la communauté trois jours auparavant. Évidemment, l’administration peut prétendre que la décision n’a rien à voir avec le sentiment anti-Trump dont la communauté est animée ces temps-ci, et que 39% des Haïtiens bénéficiaires du programme en ont abusé en restant aux États-Unis au-delà de l’expiration de leur permis de séjour. Cependant, d’autres pays dont un pourcentage des ressortissants presqu’aussi fort que celui d’Haïti restent aux États-Unis en violation de leur permis de séjour n’ont pas connu le même sort. Ensuite, il convient de souligner que moins d’une centaine d’Haïtiens bénéficiaient du programme. Donc, l’impact de leur violation des termes du programme est minimal.

 

Le bras de fer est engagé

 

Obtenir une victoire de Donald Trump ne pourra se faire en utilisant les moyens conventionnels. Hillary Clinton en sait quelque chose, elle qui l’avait traité comme un candidat normal. Le fait que, comme mentionné plus haut, l’administration Trump a fait la sourde oreille aux revendications exprimées au cours des marches subséquentes à la vulgarisation des déclarations qu’il aurait tenues, et qu’en guise de réponse, la communauté a plutôt essuyé un autre échec, doit nous porter à conclure que M. Trump a décidé de s’engager dans un bras de fer avec la communauté. Cela ne fait aucun doute. Toute autre administration aurait au moins renvoyé la décision d’enlever Haïti du programme de travailleurs temporaires, au lieu de le faire environ deux jours après les marches, et une semaine après les propos désobligeants que M. Trump est accusé d’avoir tenus à l’endroit de la communauté haïtienne. La députée républicaine d’origine haïtienne Mia Love a d’ailleurs dénoncé cette décision de toutes ses forces. Elle n’était pas nécessaire dans le contexte actuel.

 

Comment nous risquons de faire le jeu de M. Trump ?

 

D’après les chiffres obtenus du dernier recensement, il y a aujourd’hui environ 1 million d’Haïtiens aux États-Unis, dont 421.000 vivant en Floride. Donc, en Floride où nous avons le plus dense regroupement haïtien, nous représentons environ 2% d’une population forte de 20 millions d’âmes. Et notre pourcentage de l’électorat est encore plus faible, puisque beaucoup d’entre nous ne peuvent pas voter. En d’autres termes, si nous ne nous allions pas à d’autres communautés, nous ne pourrons influencer que les élections qui se jouent sur un point de pourcentage. Et Trump le sait. En plus, nous ne sommes pas la communauté la mieux organisée qui soit. Si à New York, nous pouvons organiser de grandes marches de protestation, notre capacité de convocation et d’organisation est nettement moindre dans les autres États. Avec de telles données, que faire?

 

Avant de décider du plan d’action, il nous faut d’abord réaliser le danger qui nous guette. En rayant Haïti du programme des travailleurs invités, environ une semaine après les déclarations à lui imputées, M. Trump est en train d’utiliser Haïti comme outil d’évaluation de sa politique anti-immigration. Ses supporters risquent donc de juger ses actions à l’aune des décisions prises envers les immigrants haïtiens, ce qui portera l’administration à continuer à cibler notre communauté dans l’application de ses décisions les plus draconiennes. Dans un tel contexte, s’il était nécessaire de faire entendre notre voix le 15 janvier dernier, il nous faut néanmoins reconnaitre que nous n’avons pas intérêt à nous engager dans un bras de fer permanent avec l’administration Trump, et cela pour plusieurs raisons. D’abord, nous n’en avons pas les moyens. Les Hispaniques qui représentent 23% de la population floridienne auraient pu le faire, mais pas nous. Ensuite, Haïti a mauvaise presse. Les mêmes médias qui nous défendent aujourd’hui ont longtemps contribué à faire circuler des clichés malheureux à notre endroit, au point qu’aujourd’hui, nous représentons une cible facile pour toute administration appliquant une politique anti-immigration drastique. Ceux qui lisent les réactions couchées au bas des articles traitant d’Haïti ces derniers temps dans les journaux américains ont pu se rendre compte qu’une bonne partie de la population américaine est favorable aux décisions de M. Trump.

 

Fort de ces données, la meilleure stratégie consiste à construire une grande coalition électoraliste avec les Hispaniques, les autres pays de la Caraïbe et de l’Amérique latine, dont les Jamaïcains, ainsi que les DREAMERS, ces enfants qui sont arrivés aux États- Unis avant leur 16e année, et qui, aujourd’hui adultes, bénéficient d’un statut temporaire qui arrive à expiration. L’objectif de cette coalition serait d’infirmer la majorité républicaine aux élections du 6 novembre prochain où tous les 435 sièges de députés, et 33 des sièges au sénat seront en jeu. Pour des raisons différentes, d’autres groupes ethniques ou sociaux sont en train de penser à ce même objectif. Il nous faudra les identifier et en faire des alliés. C’est la seule stratégie raisonnable en face de l’administration Trump.

 

Frandley Julien / Le National

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