lundi, août 20, 2018

Le colloque sur les défis et les enjeux du mouvement coopératif haïtien tenu le 29 mai au Centre de convention et de documentation de la Banque de la République d’Haïti (BRH), sous l’impulsion du Conseil national des coopératives (CNC), était l’occasion pour les responsables de cette entité de promouvoir d’autres types de coopératives dans le milieu haïtien. Le secteur de l’énergie figurait parmi les cibles du CNC dans l’optique de renforcer certains services et pallier les grandes difficultés auxquelles est confronté le pays.

La grande majorité des coopératives haïtiennes sont logées à des enseignes agricoles, d’épargne et de crédit. Le vœu des responsables du Conseil national des coopératives est qu’il y ait plus de coopératives des secteurs clés de l’économie haïtienne, tels l’énergie, la santé et le sport. « Il faut innover », soutient Serge Chéry, directeur général. Un panel a été dédié à ces secteurs dans l’optique de susciter la création des coopératives évoluant dans ces domaines lors du colloque du CNC auquel ont pris part des officiels haïtiens, des grands noms du système financier et des membres de coopératives.

Une emphase importante a été mise sur les coopératives produisant et commercialisant de l’électricité. Des modèles ont été présentés. C’est le cas du président de la Coopérative électrique de l’arrondissement de Coteaux (CEAC), Pierre Wakens Bain, qui a expliqué au grand public l’importance d’une coopérative électrique dans le milieu rural haïtien. Cette coopérative compte 1 256 sociétaires et tous sont connectés à son réseau dont la production moyenne est de 133 000 KW par mois.

L’électrification de l’arrondissement des Coteaux se fait, explique M. Bain, à l’aide d’énergie hybride (solaire et diesel). Elle est possible, poursuit le président, grâce à un fonds du gouvernement norvégien mis à la disposition de la coopérative à travers le Programme des Nations unies pour l’environnement (UNEP), en collaboration avec des institutions ayant développé une expertise dans le secteur de l’énergie, dont la National Rural Electricity Cooperatives Association (NRECA).

L’objectif est d’améliorer l’accès à l’énergie à travers la production d’énergie renouvelable », explique le président du conseil d’administration du CEAC. Ce sera bientôt le cas. Conçu en 2014 pour desservir les communes de Coteaux, de Port-à-Piment, les responsables se fixent d’autres objectifs. La volonté des dirigeants est d’étendre le réseau sur d’autres communes avoisinantes comme Port-Salut et Chardonnières.

Avec une telle initiative, la commune de Coteaux bénéficie de plus de 12 heures d’électricité par jour. La commercialisation se fait à partir des compteurs prépayés, ce qui explique que le recouvrement se fait à 100%. Les résultats obtenus jusqu’ici sont plutôt positifs. Mais de l’avis de Wakens Pierre Bain, il reste du chemin à parcourir avant d’atteindre son objectif qui est l’accès à l’électricité 24 /24 pour ses sociétaires.

Ainsi, la coopérative s’active à mettre en place un système de batteries afin d’emmagasiner une quantité d’énergie pendant la journée et alimenter le réseau durant la nuit. « Un système pareil est très coûteux », affirme-t-il. Des discussions sont en cours avec des bailleurs de fonds pour financer le projet. La Banque interaméricaine de développement est la première institution à avoir répondu positivement. Cette institution promet 800 000 dollars américains à la coopérative afin de financer cette partie du projet.

Dans le secteur coopératif, à la CEAC fait la différence. Le président général du CNC, Serge Chéry, invite d’autres institutions à emboîter le pas non seulement dans le secteur de l’énergie, mais également dans d’autres secteurs comme la santé et le sport. Les opportunités ne manquent pas. Des institutions sont prêtes à financer des projets innovants. Ce faisant, ajoute l’homme fort du CNC, plus d’emplois seront créés dans le secteur coopératif.

 source Le Nouvelliste

 

 

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