mardi, décembre 18, 2018

Ivan Duque a recueilli 39,72 % des voix sur 85,09 % des suffrages dépouillés, selon des résultats partiels. Faute de dépasser les 50 %, un second tour devra être organisé

Le champion de la droite dure, opposée à l’accord de paix avec l’ex-guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, converties en parti politique sous le même acronyme), est arrivé en tête du premier tour de l’élection présidentielle en Colombie, dimanche 27 mai, mais devra en affronter un second face au candidat d’une gauche antisystème.

Dans un pays émergeant de plus d’un demi-siècle de conflit armé et où la droite règne depuis toujours, son candidat Ivan Duque, 41 ans, novice en politique, a été talonné par Gustavo Petro, 58 ans, ancien maire de Bogota, détaché des partis traditionnels.

Tous deux se retrouveront le 17 juin pour un face-à-face inédit en Colombie où la gauche minoritaire souffrait jusque-là de la violente lutte des guérillas pour le pouvoir.

Dans ce nouveau panorama, Ivan Duque n’a pas réussi à répéter les prouesses de son mentor, l’ex-président Alvaro Uribe (2002-2010) élu deux fois dès le premier tour. Le jeune champion de la droite a remporté 39,14 % des voix, devançant Gustavo Petro, ex-militant de la rébellion du M-19 dissoute, à 25,08 %. Dans un pays où habituellement plus d’un électeur sur deux ne vote pas, l’abstention n’a été que de 47 %.

Lire aussi :   Colombie : le candidat de la droite dure, Ivan Duque, grand favori des sondages

« Vous pouvez avoir la certitude que nous allons gagner, que l’histoire de la Colombie peut être changée », a lancé le premier candidat de gauche à parvenir aussi loin dans une course présidentielle. Devant ses partisans euphoriques après les résultats, Gustavo Petro a estimé que « maintenant oui, le pluralisme peut être un des axes de la démocratie ».

S’exprimant ensuite, Ivan Duque a appelé de ses vœux « une Colombie où la paix coïncide avec la justice », en réitérant sa volonté de réviser – sans le « déchiqueter » – le pacte avec la FARC, qu’il juge laxiste envers les ex-guérilleros exemptés de prison s’ils admettent leurs crimes.

L’accord de paix en jeu

Cette présidentielle, où la droite dure tente de reconquérir la présidence, va peser sur l’avenir de l’accord de paix signé en 2016 avec la plus puissante rébellion des Amériques, un texte qui a polarisé une société meurtrie par une guerre fratricide, la plus longue du continent.

Lire aussi :   L’accord de paix en Colombie, enjeu de l’élection présidentielle

Le président sortant Juan Manuel Santos, 66 ans, s’était réjoui dans la journée de ces « élections les plus sûres » depuis des décennies, pour lesquelles quelque 36 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes. Selon l’autorité électorale, le scrutin a été « totalement normal ». Après deux mandats depuis 2010, le chef d’Etat de centre droit ne peut se représenter. La consolidation de la paix, fragilisée par des retards dans l’application de l’accord, dépendra de son successeur.

Ivan Duque promet aussi d’éradiquer la drogue, la corruption et de relancer la quatrième économie d’Amérique latine, en berne avec 1,8 % de croissance. Il défend les valeurs traditionnelles de la famille et vilipende le Venezuela voisin, en faillite. Cet avocat et économiste, qui représente une coalition menée par le Centre démocratique (CD) du controversé, mais populaire Alvaro Uribe, met aussi en cause les pourparlers entamés avec l’Armée de libération nationale (ELN), dernière rébellion du pays.

Son principal rival, Gustavo Petro, du mouvement Colombie Humaine, a séduit les foules avec un programme de réformes économiques favorable aux plus humbles, mais se voit reprocher ses accointances avec le défunt président vénézuélien

En savoir plus sur https://www.lemonde.fr/ameriques/article/2018/05/28/la-droite-en-tete-de-la-presidentielle-en-colombie-un-second-tour-en-vue_5305518_3222.html#PoehMdSAH9HmxLeJ.99

 

Partager l'article

0 Comments

Leave a Comment