jeudi, octobre 18, 2018

L’assemblée générale de l’Organisation des États américains (OEA), le principal forum politique du continent, a approuvé mardi une résolution parrainée par les Etats-Unis qui ouvre la voie à une éventuelle suspension du Venezuela de l’organisation, sous l’accusation de rompre l’ordre démocratique.

L’initiative, adoptée par 19 voix pour, quatre contre et 11 abstentions dont Haïti, a déclaré illégitime, la réélection de Nicolas Maduro et appelle à appliquer les mécanismes de la Charte démocratique interaméricaine pour « altération de l’ordre constitutionnel », un processus qui pourrait conduire à la suspension du Venezuela de l’OEA et qui viserait aussi la tête de Nicolas Maduro.

Le texte parrainé par les Etats-Unis, a été présenté par l’Argentine, le Brésil, le Canada, le Chili, le Mexique et le Pérou, avec le coparrainage du Costa Rica, du Guatemala et du Paraguay.

La résolution a été adoptée à la majorité simple nécessaire de tous les membres de l’OEA, qui sont officiellement 35, mais 34 actifs, Cuba n’y participant pas.

En plus du Venezuela, l’un des plus grands pays producteurs de pétrole, la Bolivie, Saint-Vincent-et Grenadines et la Dominique se sont opposés à cette  résolution.

La plupart des pays des Caraïbes, alliés traditionnels de Caracas, qui leur vend son pétrole à des conditions préférentielles, se sont abstenus, ainsi que l’Équateur, le Nicaragua, El Salvador et l’Uruguay.

L’adoption de la présente résolution, censé favoriser « la restauration de l’ordre démocratique » et supposée répondre à la crise humanitaire au Venezuela, peut conduire à la suspension du pays de l’OEA, même si ce n’est pas immédiatement.

Pour suspendre un Etat membre,  l’OEA devrait avoir deux tiers des voix positives, lors d’une assemblée générale extraordinaire, dont la seule convocation  requiert 24 voix.

Haïti qui a bénéficié de la manne Petrocaribe  dont près de 4 milliards de dollars auraient été dilapidés par d’acuels et anciens fonctionnaires de l’Etat,  n’a pu que s’abstenir de voter la resolution, pressurée par les Etats-Unis.

Le chancelier Antonio Rodrigue a quand même appelé les parties en conflit à privilégier la voie du dialogue, soulignant que « les problèmes du Venezuela doivent être réglés par les Vénézuéliens eux-mêmes, évoquant du coup les principes de non interference et de non intervention.

La République dominicaine a, quant à elle, voté en faveur de la résolution de l’ OEA déclarant illégitime le processus électoral vénézuélien ayant abouti à la victoire du president Maduro le 20 mai 2018.

Le ministre dominicain des Affaires étrangères Miguel Vargas a demandé à l’organisation hémisphérique  de rechercher une solution pacifique, démocratique et définitive à la situation au Vénézuéla.,

« Vargas a relevé que plusieurs facteurs ont été combinés pour faire avorter le processus de dialogue qui a eu lieu à Santo-Domingo, dénonçant un manque de volonté réelle de parvenir à des accord s entre les parties en conflit, tant du côté du gouvernement que  de l’opposition.

AHP

 

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