mercredi, juin 20, 2018

Les employés des usines textiles du parc industriel métropolitain ont manifesté, le lundi 21 mai, afin de réclamer une augmentation salariale. Depuis le 1er août 2017, ces salariés reçoivent la somme de 350 gourdes pour une journée de travail de huit heures.

Des employés de la sous-traitance sont sortis de leurs gonds ce lundi, neuf mois après que le salaire minimum avait été fixé à 350 gourdes. Pancartes, branches d’arbres en main,plusieurs centaines de salariés ont pacifiquement exprimé leur mécontentement vis-à-vis de leurs faibles rémunérations et conditions de travail inadéquates. « Nou pa vle diri, nou mande mil goud », tel a été le principal slogan de ces employés qui, unanimement, estiment leurs situations déplorables.

Cette situation dans laquelle vivent les ouvriers du secteur textile devient de plus en plus difficile, selon Camito St-Clair, coordonnateur général de l’organisation Respect des ouvriers haïtiens de la manufacture (ROHAM). « Les coûts des produits de première nécessité augmentent démesurément », a-t-il affirmé.

Camito St-Clair a souligné que les employés sont obligés de gagner les rues en vue d’exiger de l’État haïtien de fixer le salaire minimum à 1 000 gourdes et de garantir les accompagnements sociaux qu’avait promis le président de la République. « Jovenel Moïse nous a menti l’année dernière », a vivement déclaré M. St-Clair, entérinant que le locataire du Palais national leur avait dit, entre autres, qu’il allégera leurs charges en s’assurant des avantages pour le transport, nourriture…

Ce mouvement de protestation tend aussi à exiger la réintégration des ouvriers révoqués illégalement depuis l’année dernière. Plus de 200 ouvriers, a ajouté Dominique St-Eloi, numéro un de la Centrale nationale des ouvriers haïtiens (CNOHA), sont injustement et illégalement révoqués. « Aujourd’hui, nous demandons aux acteurs concernés de réintégrer ces employés, dont ceux du Wilbes the haitian S.A. », a exhorté M. St-Eloi, entérinant que des responsables des compagnies du secteur textile persécutent également les principaux fers de lance des associations des ouvriers.

Par ailleurs, le numéro un du CNOHA en a profité pour lancer un avertissement au premier mandataire de la nation haïtienne qui entend augmenter les prix des produits pétroliers, subventionnés par l’État haïtien. « Les ouvriers ne sont pas favorables à cette augmentation », a averti Dominique St-Eloi, qui a invité le gouvernement haïtien à recourrir au fonds du PetroCaribe dilapidés et, à ceux de la contrebande. « Nous, a-t-il clamé, disons au gouvernement qu’il est impossible de pénaliser les plus pauvres ». D’après le syndicaliste, cette mesure ne ferait qu’enfoncer les couches les plus vulnérables du pays dans la misère.

Les manifestants ont mis le cap vers le ministère des Affaires sociales et du Travail (MAST) pour délivrer leur message. Ils ont promis de maintenir la mobilisation jusqu’à la satisfaction de leurs revendication. A noter que le secteur textile représente à elle seule environ 90% des exportations du pays et génère près d’un milliard de dollars américains annuellement.

Caleb Lefèvre Source Le Nouvelliste

 

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